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Exposition de Joana Vasconcelos à Bruxelles

Joana Vasconcelos voit en grand et en rose à la Patinoire Royale, à Bruxelles, avec «De fil(s) en aiguille(s)» et ce jusqu’au 25 mars prochain. Etoffes, broderies, soieries et perles règnent en ce moment dans cet endroit superbe.

Inspirée, exubérante et effrontée, Joana Vasconcelos s’y montre en apothéose. L’espace de la Patinoire et de la Galerie Valérie Bach lui permet d’exprimer toutes les facettes d’une œuvre qui ne cesse de tisser ensemble le détail et la démesure. Travail de titan autant que labeur de fourmi donnent la mesure d’une créatrice conquérante, qui s’exprime avec force sans jamais trop s’éloigner de ses racines lusitaniennes.

Nous voilà plongés vingt mille lieues sous les mers. Petits miroirs et cadres voguent côte à côte. Une vision sous-marine pleine de protubérances en arrangements serrés, anémones de mer rouges, oranges, bleues ou vertes.

Le miroir est un élément récurrent dans la décoration portugaise. L’image de soi est-elle si nécessaire? S’interrogeait ainsi l’artiste. Une patte, un ventre, une tête… Elle ne possède rien de tout cela et pas davantage de crocs, de pinces ou de cornes pointues. Peut-être des ventouses, d’innombrables petites bouches, de vulves, de cratères dispersés. Poulpe géant alors? Sans doute mais alors de nature féminine tant le rose l’habille et le rouge et les perles.

On ne saura rien de son corps sauf peut-être la présence de deux seins ivres de rires et d’étoiles. Il lui manque un squelette qui en délimiterait les parties de manière claire. Elle est un tout insécable, organique et si l’on en croit sa créatrice, Joana Vasconcelos, elle appartient à la race des Walkyries, ces vierges guerrières volant par-dessus les champs de bataille, distribuant la mort et emmenant l’âme des héros jusqu’au palais d’Odin.

Dans l’exposition, la première de cette envergure en Belgique, une autre de ces créatures plane à quelques mètres. L’étrangeté de l’œuvre vient aussi des matériaux et des techniques utilisées. Il n’y a là que velours, cotons, taffetas, fils de laine et de soie, guirlandes lumineuses, dentelles et billes de verre enfilées. Autour de l’artiste, travaille toute une équipe de jeunes femmes, presque une confrérie.

La Patinoire royale s’immisce au cœur de l’univers baroque et extraverti de la sculptrice Joana Vasconcelos avec cette grande rétrospective, la première jamais organisée en Belgique, qui confronte le gigantisme du lieu au travail de cette artiste protéiforme.

Une exposition muséale. A toutes les étapes, un langage visuel enjoué, gorgé de sens, habité d’une conscience très vive de la culture portugaise, marqué d’un mélange de légèreté et de gravité. On aime la liberté d’expression d’une revendication féministe sous-jacente, traitée avec un subtil humour qui met davantage à l’honneur qu’il n’attaque.

Seule femme à avoir exposé à Versailles, cette Portugaise née à Paris a fait la une pour son audace. A Venise, elle avait métamorphosé un bateau… L’originalité est son maitre mot.

On en prend plein les yeux, un cadeau en ce début d’année.

 

De fil(s) en aiguille(s)

La Patinoire Royale

15 rue Veydt

1050 Bruxelles

Du mardi au samedi, de 11h00 à 13h00 et de 14h00 à 19h00

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