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Bruno Joos de ter Beerst a été nommé par le Gouvernement portugais, Consul Honoraire du Portugal à Gent. Sa nomination a été confirmée au LusoJornal par le Secrétaire d’Etat aux Communautés Portugaises, José Luís Carneiro, mais les autorités diplomatiques attendent toujours l’agrément du Ministère belge des Affaires Etrangères.

Le nouveau Consul Honoraire – non encore officiel – donne sa première interview au LusoJornal. Bruno Joos de ter Beerst parle un portugais parfait, mais l’interview s’est faite en français.

 

Quel est votre lien avec le Portugal?

Mon histoire avec le Portugal a commencé en 1968, lorsque mon oncle, le frère de ma mère, a été nommé Colonel et était en poste à Lisboa pour l’OTAN. Avec beaucoup de conviction, il a parlé du Portugal avec mes parents, en disant que c’était un pays extraordinaire. En 1969, mes parents font construire une maison à Malveira da Serra, entre Cascais et Sintra, et quelques années plus tard, mon père achète une ferme, aussi à Malveira da Serra, qui s’appelait Quinta de Santa Rita. On y cultivait des œillets. Pendant les années, nous allions toutes les vacances au Portugal, à Noël, à Pâques, pour les grandes vacances,…

 

Vous aimiez y aller en vacances?

Oui. D’ailleurs, fin aout 1973, j’avais 16 ans et j’ai dit à mes parents que je restais au Portugal. Mes parents devaient retourner en Belgique et j’ai donc trouvé du boulot à Lisboa et j’y ai donc vécu le 25 Avril. Mes parents vendaient des œillets au marché de Cascais, mais aussi au marché de Lisboa, no Cais do Sodré. Les œillets du 25 Avril étaient nos œillets… (rires) Nous exportions des œillets vers l’Iran. Tous les jours, un avion cargo partait de Lisboa avec nos fleurs pour l’Iran. J’avais une copine portugaise qui habitait Campo de Ourique. C’est aussi pour elle que je suis resté au Portugal. Je suis resté au Portugal, malgré la situation, jusqu’à 1978. Entretemps mon père avait un associé et en 1975 ils ont commencé à mettre en route une usine de maisons préfabriquées car à ce moment-là il y avait 750 mille rapatriés d’Afrique – les Retornados – qui revenaient au Portugal et il leur fallait un logement. En quelques jours nous pouvions livrer les maisons.

 

LusoJornal / Carlos Pereira

 

Pourquoi vous êtes parti en 1978?

A l’époque je reçois un télex de mon père, car il était en train de vendre la ferme à cause de la situation économique du Portugal, qui était très mauvaise. J’y ai vécu les plus belles années de ma jeunesse, et c’est comme si je quittais un peu mon pays, et c’est donc avec beaucoup de ‘saudades’ que j’ai quitté mon Portugal. Je me suis marié, j’ai eu des enfants et je suis revenu au Portugal car j’ai voulu faire connaître ce pays à ma femme et à mes enfants. Quand je reviens au Portugal, j’ai toujours l’impression de revenir chez moi,… dans mon pays.

 

Qu’avez-vous fait en Belgique?

J’ai fini mes études de commerce et de comptabilité. Puis j’ai travaillé avec un importateur de vins, sans lien avec le Portugal, à part du Porto. Maintenant je travaille dans la chimie et je m’occupe des gros clients. Ils sont au courant que je suis nommé Consul Honoraire et ils espèrent que cela ne me prenne pas beaucoup de temps (rires). Ma femme travaille également pour une société d’importation de vins qui importe du Porto Taylors en Belgique. Mes enfants travaillent tous, l’un dans le secteur bancaire, l’autre dans la parfumerie et mon fils aîné dans le marketing.

 

LusoJornal / Carlos Pereira

 

Comment devenez-vous Consul Honoraire du Portugal?

Par hasard. J’ai rencontré, il y a deux ans, l’Ambassadeur du Portugal à Bruxelles, António Alves Machado, et il a été très étonné de mon niveau de connaissance du pays et de la langue. Il m’a dit que j’étais presque plus Portugais que Belge. Et il m’a parlé de la fermeture du Consulat du Portugal à Gent et de la possibilité de me nommer. Plus tard, j’ai rencontré le Secrétaire d’Etat aux Communautés portugaises qui m’a confirmé et m’a proposé ce poste de Consul Honoraire du Portugal à Gent. Depuis, je me suis lié fortement avec l’Ambassadeur du Portugal en Belgique, on se communique beaucoup.

 

Comment vivez-vous ce nouveau lien avec le Portugal?

Comme un retour à mes amours, ce qui est très important pour moi. En plus, maintenant j’ai une bonne excuse d’être souvent au Portugal (rires). En faite, avant de rencontrer l’Ambassadeur, mon épouse était en train de scruter une maison dans le sud de l’Espagne, je la laissais faire, mais étant donné ma nomination, il me paraissait plus logique de se diriger plutôt vers le Portugal que vers Malaga… et nous venons d’acheter une maison près de Caldas da Rainha, en direction de Rio Maior. Je vais passer plus de temps au Portugal, maintenant j’ai une maison, c’est un pays que j’aime et ma fille m’a toujours dit que j’étais plus Portugais que Belge. Je dois dire sincèrement que chaque fois que je suis au Portugal, je me sens un peu chez moi. C’est un pays extraordinaire, qui connait un développement économique formidable, un des meilleurs de l’Union Européenne. Par contre avec un boom touristique et immobilier qui m’inquiète un peu…

 

LusoJornal / Carlos Pereira

 

Quels sont les prochains pas du Consulat Honoraire?

Le 30 novembre, le Consulat Honoraire a été officiellement crée et il reste ma nomination. Donc normalement ce sera courant du 1er semestre 2018 car il paraît que ce n’est qu’une formalité. Mais je travaille déjà en tant que Consul. Il y a eu des Portugais qui m’ont déjà sollicité. Je vais aussi à des Fêtes portugaises locales. J’essaye de me montrer et de faire connaître aux gens que je suis actif et prêt à aider. Parfois mon épouse m’accompagne. Des fois il y a des Portugais qui viennent en pensant que c’est l’eldorado, mais ne connaissent pas la langue et c’est très compliqué. Il y a quelques petits commerces qui ont ouvert à Gent, comme Nata Lisbonne, BeLuso et ça commence à se développer. Tant mieux, mais le Portugal c’est aussi autre chose que des natas!… Le but est aussi de faire connaître le Portugal aux Belges.

 

Donc vous êtes déjà au travail…

Oui. Je vais donner une conférence en mars prochain, sur les 835 ans d’amitié entre le Portugal et la Flandres, parce que n’oublions pas que le premier Traité commercial entre les deux pays a été signé en 1389. C’est très important et très ancien. Nous avons eu Philippe d’Alsace qui a construit le Château des Comtes, à Gent, son épouse était Portugaise, Mathilde de Portugal, fille de D. Afonso Henriques. Et aussi le fils de D. Sancho I, Ferdinand, qui s’est marié avec la Comtesse de Flandres dans le XIIIème siècle (en 1212). Après cela, on a fait le Traité commercial grâce à Isabel de Portugal, la femme du Duc de Bourgogne Philippe Le Bon qui a fait un développement extraordinaire. Et sans oublier le frère d’Isabel du Portugal, Henri le Navigateur, qui est venu plusieurs fois à Bruges et a pris des Flamands – peut-être deux mille – pour coloniser les Açores. De là le fromage Flamengo! Car Henri le Navigateur avait pris des Brugeois, à cause de leur savoir-faire. Et des milliers de Portugais sont venus s’installer à Bruges suite au mariage d’Isabel du Portugal. Puis il y a eu le Traité de Tordesilhas en 1494. Or Charles Quint, roi d’Espagne, né à Gent, s’est marié avec une autre Isabel du Portugal… Beaucoup plus tard, le Premier Président de la République Portugaise, Manuel de Ariaga, venait des Açores, mais il était originaire de Flandres. Ce sont des choses que je veux faire connaître en Belgique et nous devons communiquer dessus à travers des conférences. C’est avec l’histoire et les relations que nous avons avec un pays, que nous pouvons établir une espèce de confiance.

 

 

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